On repère donc déjà que différents éléments issus de notre analyse des poèmes VII et VIII se retrouvent de manière cohérente dans cette première partie du poème V. On retrouve ce schéma de façon très intéressante dans le poème X de la même partie. "Les planches courbes" Yves Bonnefoy - poésie Gallimard. [14] Par ailleurs, Yves Bonnefoy a confessé dans une allocution destinée à des professeurs combien avaient été importants pour lui les premiers contacts avec la poésie latine. Yves Bonnefoy Sous le signe de Baudelaire. Des saules aux fruits morts et de hauts peupliers. Lecture; Résumé; Sommaire; Extraits %Full-screen_mode% Précédent. Elle … De plus, après ces quelques vers, le poème ouvre une parenthèse qui propose à nouveau l’image de la navigation. Cela signifie en tout cas que sont poètes ceux dont le rapport à la langue est au centre le plus vital de leur être, est relié aux racines les plus profondes de leur désir. [1] C’est cet aspect autobiographique qui légitime notre enquête. » En suivant la référence homérique, ces ombres pourraient, comme dans les chants X et XI de l’Odyssée, être celles des morts [5]. Dans ce poème, un enfant sans père ni mère trouve un passeur, il lui donne son obole pour avoir le droit de passer. L’acte d’amour renvoie donc au départ de la navigation. Qu’on excuse donc cette licence par rapport à l’académisme, ou qu’on autorise le terme de « strophe libre » comme il y a des « vers libres. Ce n’est que à la fin de l’interprétation que nous pourrons ou non retrouver le mythe. ". L’espérance de la terre promise est celle du rivage évoqué par les strophes du chant I, mais aussi reprend peut-être en même temps l’espérance d’Ulysse de retrouver « une maison natale. Mais le lecteur a besoin d’une certaine intelligibilité pour pénétrer dans la poésie, même si, justement, quelque chose de la beauté même du poème échappe toujours à l’intelligibilité. Vous pouvez paramétrer vos choix pour accepter les cookies ou non. Couverture souple. La perte de la possibilité de la paternité s’exprime par la fermeture de la vie sur elle-même : « débordant de choses fermées. Dans la strophe IV, le poète énumère les reproches des détracteurs de la poésie ; y compris ceux dans lesquels on l’accuse injustement d’avoir poussé des personnes au suicide. Faute de pouvoir atteindre l’autre rive, parce que son père s’est définitivement éloigné, son désir d’avoir un enfant le pousse à essayer des formules - des poésies - pour essayer de trouver les bonnes formules. C’est ainsi que, on pourra lire que dans le recueil des Planches courbes, on trouvera le thème de la maison natale, de l’eau, ou encore de la voix et des mots. Or, ces premiers contacts se font au collège soit, dans le cas de notre poète, à l’âge de l’éloignement définitif de son père. Strophe IV : « Je le fais, confiant que la mémoire... ». On retrouve donc dans cette confrontation à l’hexamètre dactylique une double liaison à la disparition du père et aux pouvoirs extraordinaires liés aux mots. Simplicité de la situation et du vocabulaire Dans la maison perdue. C’est un souvenir précis : la maison est exactement la sienne : « celle qui fut et rien de plus », par opposition à d’autres images de la maison natale plus oniriques, développées dans les poèmes précédents. Alors que la barque d’habitude n’arrive nulle part, voici qu’elle finit par toucher terre. Salué dès sa publication en octobre 2001 comme l'un des livres majeurs d'Yves Bonnefoy, Les Planches courbes s'impose en effet au sommet d'un œuvre sans faiblesse ni reniement. On ne confondra pas le recueil des Planches courbes avec le poème du même nom. La dissolution dans l’eau s’apparente donc à la mort, ce qui est correspond à une structure classique de l’imaginaire. Au gré des poèmes, diverses possibilités seront explorées : des retrouvailles dans la mort, mais sans procréation ; des retrouvailles dans la mort, et la naissance d’un enfant ; et, plus fréquemment, l’échec de cette quête impossible des mots féconds. Ce poème présente une scène de l’enfance. Un homme et une femme se sont assis Nous allons suivre cette odyssée strophe à strophe. Le « déjà » du poème renvoie donc implicitement à l’issue de la fatigue dans la mort. ». Le type d’approche peut donc être à chaque fois différent. Ce poème fait donc signe vers un autre imaginaire du poète, un imaginaire terrestre, qui est plus développé dans d’autres parties du recueil, et notamment dans la dernière « Jeter des Pierres » [12]. Synthèse dissertative sur le sujet : Le recueil d'Yves Bonnefoy, "Les Planches Courbes", est-il autobiographique ? » Tous ces qualificatifs peuvent se rapporter à l’image du père tel que nous l’avons perçu : calme et inattentif. Ces deux strophes reprennent donc l’imaginaire du chant I, dans les strophes du premier niveau du songe, dans lequel la barque et l’espérance se disloquaient. Il souligne le regard du père avec ce qui paraît inaccessible à son fils : « redressant/ Son regard vers l’inaccompli ou l’impossible. Lorsque cette signification sort de la représentation d’un univers peu ou prou réaliste, la tentation est grande de se réfugier loin de la signification des phrases, pour trouver asile dans la recherche des évocations thématiques. L’enfant a reconnu dans Cérès son double dans la figure de l’espérance. VI, VII & VIII : 3ème niveau du rêve. Cet effort d’intelligibilité est d’autant plus nécessaire que le lecteur est éloigné de l’univers du poète, et peu doué -ce qui est mon cas. L'autobiographie dans Les Planches Courbes de Bonnefoy, Croquis de Géographie sur la mégalopole japonaise, La Fontaine, "La Fille" : analyse linéaire, Fiches de grammaire pour Agrégation et Capes, La notion de surprise dans le recueil "Alcools" de Guillaume Apollinaire, La Princesse de Clèves - Mme de Lafayette: Le point de vue métaphysique et moral prédomine partout dans l'oeuvre, La notion de fiction: Thomas Pavel, Univers de la fiction, L'Oeuf transparent - Jacques Testart (1986) - Les dangers que peuvent représenter les avancées technoscientifiques, Le Soldat fanfaron, Acte IV, scène 2 - Plaute (206 av. Yves Bonnefoy, « Les rainettes, le soir », I, dans Les planches courbes, dans l’édition de poche de la collection « Poésie/Gallimard », Paris, 2003-2005, p. 11 (première édition, Mercure de France, 2001). Odyssée, chant X, vers 496. Cette pitié du poète enfant pour la déesse est très exactement de la compassion, de la sympathie, dans le sens étymologique de ces deux mots [11]. Tous les deux s’embarquent alors, mais la barque sombre progressivement ; alors, l’enfant et l’homme nagent, le premier accroché au cou du second. Ici, nous nous gardons de l’identifier au père, car les indices textuels manquent, en tout cas dans les trois parties étudiées. Mais je me suis aperçu en chemin que je ne faisais que construire une passerelle branlante sur des pilotis de plus en plus hypothétiques. Tout passeur se faisait payer. Yves Bonnefoy est un poète, critique et traducteur français né le 24 juin 1923 à Tours en Indre-et-Loire. Mais il y rajoute quelque chose comme un thème, ou un accompagnement en faux-bourdon. Pour en savoir plus, consultez notre Politique de confidentialité. Strophe IX : « ... La voix que j’écoute se perd... ». Les Planches courbes pose en effet de redoutables questions d'interprétation, qui engagent l'œuvre de Bonnefoy tout entière. Bonnefoy métaphorise les figures essentielles de sa propre enfance, en leur associant les figures mythologiques fondamentales de Cérès[à commenter avec la figure d'Ulysse Ulysse. » Cette modalisation rappelle le mode hypothétique de ce qui est raconté ici. » Une première personne du pluriel et une apostrophe « mon amie » évoque la présence de l’amante. Poèmes – Ce qui fut sans lumière – Les Planches courbes Yves Bonnefoy L'Arrière-pays > Voir tous les ouvrages 1 / À découvrir également. L’enfant du poème représenterait donc le poète jeune, et le passeur serait un père désiré, qui aurait les mêmes caractéristiques que son père réel. Par conséquent, il ne s'agissait pas de voir si l'auteur satisfaisait, ou non- les exigences d'un tel pacte, mais de reconnaître tout d'abord des traces autobiographiques dans le texte, avant d'estimer le dépassement qu 'offre l'écriture poétique, dès qu'elle part de l'expérience vécue [Proposition de plan sur la question] Des traces autobiographiques incontestables La maison natale : entre Tours et Saint-Pierre-Toirac, un enfant partagé entre deux maisons- ce qui a pu susciter très tôt le sentiment de l'exil- la quête du vrai lieu Dans le neuvième poème de La maison natale Evocation de Ruth, qui pourrait figurer ce sentiment fondamental de l'absence. Le souvenir est donc, non pas revisité dans une perspective d'édulcoration ou de célébration, mais recueilli dans la part de sensibilité et d'émerveillement que constitue l'enfance, et que le poète peut réinvestir dans le présent, dans une poétique de l'espérance qui concilie la beauté et la vérité de l'être, comme du langage ! Et cette beauté acquiert alors une valeur intrinsèque. 97, v. 4). Enfin, qu’il faille « oublier les mots » à la fin du poème, que cela soit dit par le père, vient donner du sens à l’idée que les mots attendus du père sont ce qu’il y a de plus important dans le désir de l’enfant de suivre son père. au dernier vers, le désir est frustré. Enfin, nous retrouvons le rêve de traversée qui se termine en naufrage, comme nous l’avions déjà vu. Dans la lignée de notre lecture, il nous semble que cette figure mystérieuse pourrait être aussi l’enfant espérée. Cette évocation est renforcée par la présence d’enfants en bas du poème I. » A la fin, ils se perdent dans un espace d’eau et d’étoiles. L’enfant demande à l’homme d’être son père, mais il refuse. Il nous a enseignés aussi combien seule une démarche attentive aux détails et à l’unicité de chaque univers permettait d’oser une interprétation, au-delà des explications trop schématiques données ça et là. Pour les poèmes I et II, d’autres interprétations sont plausibles. Naissance et mort sont souvent liés, comme dans la section les Planches Courbes (un enfant qui se rend dans le monde des morts) ou encore l'évocation du père et de ses figures (l'adulte est en quête du père absent car décédé, l'enfant est en quête de son identité) ; on note par ailleurs que cela nous mène bien à une réflexion poétique dans la mesure où les planches courbes- le poème- peut être qualifié de récits en rêve (1987) expression préférée à prose poétique ou poème en prose ce qui nous mène déjà à une réflexion poétique. Une parole qui sait magistralement faire la place du sens et du chant s'élève, à la fois affirmée et … La fin de la strophe revient à Ulysse, qui envisage de partir alors pour un voyage, mais pour oublier les îles. Cette structure fondamentale du voyage en barque est à l’œuvre de façon récurrente dans les trois parties au programme de terminale : « Dans le Leurre des Mots », « La Maison natale » et « Les Planches courbes. » Au début, il est dans une île (vers 15), et il est fatigué, puisque sa tête est lasse (vers 20). [...], [...] Se rappeler, c'est renaître pour Bonnefoy. mercredi 21 février 2007, par PETIET Philippe, Professeur agrégé de Lettres modernes, Lycée Joliot-Curie - Nanterre, Essai sur la structure de l’imaginaire dans Les Planches courbes d’Yves Bonnefoy. Ulysse verrait un autre rivage, « où seraient claires des ombres. Yves Bonnefoy prend peut-être modèle sur les apologues de Baudelaire (ex : « Chacun sa chimère ») où le fabuliste exprime une vision très personnelle et n’emprunte pas une persona rhétorique. Le « nous » commence à rentrer dans l’eau, prêt en quelque sorte à recommencer cet inutile voyage. Prière au rêve pour que les désirs soient exaucés. L’enfant rit, joue avec une grappe de raison. ». L’éloignement du père a une expression imagée : « le détache de cette rive. Ces questions, souvent ardues, supposent un élargissement et un approfondissement de la réflexion. Image, G.AdC. D'où le vocabulaire des sensations et les quatre éléments naturels omniprésents. Strophe IV « Aller ainsi, avec le même orient... ». L’enfant a donc l’impression que cette scène mystérieuse peut être en rapport avec le mystère de la conception. J.-C.) - Une scène de stratagème, Le Procès - Franz Kafka (1925) - Résumé et analyse, Art - Yasmina Reza (1994) - Questions autour de l'oeuvre, Conditions générales & politique de confidentialité. Le poème VI poursuit le voyage dans le temps de sa mémoire : il s’agit d’un voyage en chemin de fer, défini à un âge encore jeune « J’avais trop l’âge encore de l’espérance. Le passeur parle alors à l’enfant, et cela se termine par « Il faut oublier les mots. La première partie de cette strophe (du début jusqu’au point d’interrogation du vers 60) envisage l’hypothèse d’un voyage « au-delà ».. Voyons les verbes et leurs compléments les plus proches sémantiquement : « Aller ainsi ... au-delà des images... » ; « Aller ... à travers la beauté des souvenirs » ; « Aller, par au-delà presque le langage. Le sens paraît obvie, à l’exception des vers 37-38 : « enseignant... à ceux qui cherchent / A faire être le sens malgré l’énigme.

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